En bref
- La collaboration entre Burger King et Netflix a accompagné le lancement de la saison 2 de Squid Game, mise en ligne le 26 décembre 2024.
- Deux recettes en édition limitée ont été proposées dans environ 550 restaurants français : le Whopper Bulgogi du Menu Joueur et le Korean Chicken Steakhouse du Menu Garde Rose.
- La mécanique reposait sur une promotion spéciale courte, du 17 décembre 2024 au 6 janvier 2025, avec six goodies inédits distribués de manière aléatoire.
- Pour les enseignes de fast food, l’opération montre comment une série télévisée peut créer du trafic, animer le menu et faire parler de la marque, à condition de maîtriser l’exécution terrain.
Burger King x Netflix Squid Game : une collaboration pensée pour faire venir en restaurant
La collaboration Burger King x Netflix autour de Squid Game n’était pas un simple changement de boîte ou une sauce posée sur une recette existante. L’enseigne a construit une opération de restauration rapide complète : deux burgers exclusifs, des codes visuels immédiatement reconnaissables, une fenêtre commerciale très courte et des objets collector destinés à prolonger l’achat.
Le calendrier était bien calé. Netflix lançait la deuxième saison de sa série télévisée Squid Game le 26 décembre 2024. Burger King France a démarré sa prise de parole le 17 décembre, soit assez tôt pour capter l’attente, puis a maintenu l’offre jusqu’au 6 janvier 2025. Pour une chaîne de fast food, ce créneau couvre deux périodes fortes : les congés de fin d’année et les sorties de groupe pendant les vacances scolaires.
Le principe était simple à comprendre au comptoir comme sur une application de livraison : choisir un Menu Joueur ou un Menu Garde Rose, découvrir une recette inspirée de la Corée et recevoir un cadeau issu de la collaboration. Pas besoin d’expliquer longuement le concept. Les masques, le rose, les joueurs numérotés et les références visuelles de Squid Game faisaient déjà le travail auprès d’une audience qui connaissait la licence.
Cette mécanique est révélatrice d’une évolution du marketing de chaîne. Le burger reste le produit qui porte le ticket moyen, mais la décision d’achat se joue aussi sur l’événement. Une recette temporaire crée l’urgence ; une licence populaire donne une raison de la tester ; le goodies ajoute une part de collection. Le client ne vient plus uniquement « manger un burger ». Il vient prendre part, quelques minutes, à un univers culturel qu’il regarde déjà chez lui.
Une opération courte, mais largement déployée
Le partenariat a été annoncé dans près de 550 restaurants Burger King en France. À cette échelle, l’enjeu n’est pas seulement créatif : il est industriel et opérationnel. Il faut que la sauce, les emballages, les éléments de communication, les stocks de cadeaux et le discours équipier soient disponibles au même moment. Une campagne nationale qui arrive de façon inégale en restaurant se retourne vite contre l’enseigne, surtout quand la clientèle partage son expérience sur les réseaux sociaux.
Le choix de Squid Game était rationnel. La première saison avait établi un niveau de notoriété mondial rare pour une production non anglophone. Netflix communiquait alors sur près de 265,2 millions de vues pour la série à l’échelle mondiale, selon son mode de comptabilisation de l’époque. Ce chiffre ne garantit évidemment pas des ventes de menus en France, mais il indique une force de reconnaissance massive : nul besoin d’éduquer longuement le marché.
En 2026, cette campagne appartient déjà aux opérations passées. Elle reste pourtant un cas d’école utile pour les exploitants, franchisés et responsables marketing. Elle prouve qu’une licence de divertissement ne suffit pas : la promesse doit se traduire dans l’assiette, au comptoir et dans la livraison. Sans produit différenciant, le partenariat devient un autocollant coûteux. Sans disponibilité réelle, la frustration prend le dessus.
Le nerf de la guerre, dans ce type d’activation, est donc la cohérence entre communication nationale et exécution locale. C’est cette cohérence qui transforme une référence pop culture en passage en caisse.

Les deux burgers exclusifs Squid Game : recettes, codes produit et promesse gustative
Burger King a choisi de ne pas se limiter à une recette unique. Les deux burgers exclusifs reposaient sur deux figures centrales de l’univers Squid Game : le joueur et le garde rose. Ce découpage permettait d’élargir l’offre sans rendre la lecture compliquée. D’un côté, une proposition autour du bœuf et de la sauce bulgogi ; de l’autre, un burger de poulet avec une sauce barbecue coréenne.
Le Menu Joueur mettait en avant un Whopper Bulgogi. Le bulgogi désigne une préparation coréenne traditionnellement associée à une viande marinée, avec un équilibre entre notes salées, sucrées et légèrement fumées. Dans un environnement de restauration rapide, l’intérêt est évident : la sauce apporte un signal gustatif nouveau sans obliger à reconstruire toute la chaîne de montage. La base Whopper reste identifiable, mais le profil aromatique change suffisamment pour justifier l’essai.
Le Menu Garde Rose reposait sur un Korean Chicken Steakhouse, dynamisé par une sauce BBQ coréenne. Ici, Burger King s’adressait à une clientèle attirée par les textures croustillantes et les sauces plus relevées. La référence « coréenne » devait être tangible dans le goût, faute de quoi elle aurait ressemblé à une étiquette marketing de plus. Sur ce point, la sauce est centrale : elle concentre l’identité de la recette tout en restant simple à produire en volume.
| Menu de la collaboration | Base produit | Signature gustative | Code Squid Game mobilisé |
|---|---|---|---|
| Menu Joueur | Whopper Bulgogi | Sauce bulgogi, profil doux-salé et intense | Les participants de la série |
| Menu Garde Rose | Korean Chicken Steakhouse | Sauce BBQ coréenne, profil plus épicé | Les gardes aux tenues roses |
Pourquoi la sauce fait la différence dans une campagne fast food
Dans un réseau de plusieurs centaines de points de vente, une innovation réussie doit respecter trois contraintes : être visible, être reproductible et ne pas ralentir excessivement la ligne de production. Une nouvelle sauce répond bien à ce cahier des charges. Elle modifie franchement la perception du produit, se stocke plus facilement qu’un ingrédient frais très spécifique et demande une formation plus légère qu’une recette entièrement nouvelle.
Pour prendre un cas concret, imaginons un franchisé situé dans une zone commerciale très fréquentée le samedi. Si le menu promotionnel nécessite deux gestes supplémentaires et un assemblage difficile à contrôler, le temps de service grimpe à chaque rush. Les équipiers perdent le rythme, le drive sature et le produit événement devient une source de tension. À l’inverse, une sauce dédiée, un packaging clair et une fiche de montage courte permettent de conserver une cadence stable.
Le choix de deux recettes était aussi une façon de répartir les goûts. Tous les clients ne basculent pas vers le poulet, tous ne veulent pas du piquant, et une partie du public fidèle vient d’abord chercher du bœuf. Avec un burger dans chaque registre, Burger King maximisait les occasions de conversion sans multiplier excessivement les références en cuisine.
Cette logique n’est pas réservée aux grandes chaînes. Un restaurateur indépendant qui lance une animation temporaire peut retenir la leçon : mieux vaut modifier avec précision un produit connu qu’ajouter une recette impossible à tenir pendant le coup de feu. Le produit doit rester vendable à 12 h 45, pas seulement photogénique lors de la séance presse.
Goodies inédits Burger King Squid Game : le collector comme moteur de réachat
Le point le plus visible de la campagne, après les burgers, concernait les cadeaux. À chaque menu concerné, les clients pouvaient recevoir un produit dérivé de la collaboration Burger King x Netflix. La collection comptait six goodies inédits, répartis entre chaussettes, bonnets et sweats inspirés des signes distinctifs de Squid Game.
Le mécanisme était volontairement aléatoire. Le client savait qu’un objet était inclus, mais pas précisément lequel. Cette part de hasard reprenait, de façon nettement plus légère, l’imaginaire de la série. Elle encourageait aussi la répétition d’achat chez les collectionneurs : obtenir un autre modèle supposait de revenir ou de commander à nouveau.
Il faut toutefois regarder ce levier avec lucidité. L’aléa peut faire monter l’engagement, mais il peut aussi frustrer. Un client venu pour un sweat peut repartir avec une paire de chaussettes ; un autre peut recevoir deux fois un article comparable. Dans les commentaires en ligne, ce type de mécanique divise presque toujours. L’enseigne y gagne de la conversation, mais elle doit être parfaitement transparente sur les règles de distribution et les stocks disponibles.
Le goodies doit prolonger l’expérience, pas masquer un produit faible
Un cadeau n’efface pas un burger décevant. Il peut déclencher le premier achat, certainement ; il ne crée pas durablement de préférence si la recette, le service ou la disponibilité ne suivent pas. Dans cette campagne, les objets avaient donc un rôle de relance et de mémorisation, tandis que les sauces coréennes portaient la crédibilité culinaire de l’opération.
Pour l’exploitant, le sujet est aussi très concret : où stocker les cadeaux, comment les distribuer, quoi faire lorsqu’un client réclame un modèle précis, et comment éviter la rupture à 19 heures un vendredi ? Ces questions n’ont rien d’accessoire. Une équipe briefée doit être capable de répondre en quelques secondes : le cadeau est associé au menu éligible, il est distribué selon les disponibilités et son modèle ne peut pas nécessairement être choisi.
Cette rigueur protège la salle. Sans règle claire, l’équipier devient l’arbitre d’une déception qu’il n’a pas créée. Dans les enseignes structurées, le briefing avant service doit prévoir la formulation, le point de stockage, le contrôle de remise et la remontée rapide d’une rupture. Cela paraît basique. Pourtant, c’est là que se joue l’écart entre une animation fluide et une file d’attente qui s’agace.
Les marques de restauration ont déjà emprunté ce chemin avec des jouets, des verres, des cartes ou des objets textiles. Ce qui change avec Netflix, c’est la capacité de la plateforme à transformer un programme en culture commune. La campagne peut ainsi toucher le fan qui veut collectionner, le curieux qui veut goûter une sauce bulgogi et le groupe qui cherche un prétexte de sortie.
Un cadeau bien géré augmente la désirabilité ; mal géré, il devient une promesse litigieuse. Dans le fast food, cette frontière se joue souvent à un carton de stock près.
Squid Game et Burger King : ce que cette promotion spéciale apprend aux professionnels de la restauration
La collaboration montre d’abord qu’une opération de marque solide doit avoir un vrai motif de visite. Ici, le lancement d’une nouvelle saison de Squid Game apportait ce motif. Burger King ajoutait ensuite une fenêtre de disponibilité limitée, des recettes différenciées et une gratification matérielle. Les quatre éléments se renforçaient : actualité culturelle, rareté, produit et objet.
Pour une chaîne, ce type de partenariat sert plusieurs objectifs simultanés. Il anime la communication, attire une clientèle qui ne vient pas nécessairement pour l’offre habituelle, relance l’intérêt des habitués et fournit du contenu aux réseaux sociaux. Ce n’est pas de la magie commerciale : le trafic additionnel dépend du prix, de la couverture média, de l’emplacement et de la concurrence. Mais l’opération crée une raison précise de parler de l’enseigne à un moment donné.
Un indépendant peut en tirer une méthode sans tenter de reproduire une licence mondiale hors de portée. Prenons un restaurant de burgers situé près d’un cinéma. Plutôt que de multiplier les plats temporaires, il peut construire une semaine thématique avec un burger signature, une boisson associée et un visuel cohérent. Le sujet n’est pas de copier Burger King ; il est de créer une histoire simple que l’équipe sait raconter et que le client comprend immédiatement.
Les trois contrôles à faire avant de lancer une édition limitée
- Vérifier la capacité de production. Une recette temporaire doit tenir pendant le rush. Mesurer le temps de montage, le besoin de stockage et l’impact sur le poste chaud évite de vendre une promesse que l’équipe ne peut pas délivrer.
- Calculer le coût complet. Le coût matière ne suffit pas. Il faut intégrer emballage spécifique, pertes potentielles, formation, échantillons, éventuel cadeau et pression sur la masse salariale si le service ralentit.
- Préparer le scénario de rupture. Une campagne limitée génère des pics. Le client doit savoir clairement ce qui est encore disponible, surtout si un produit dérivé ou une recette disparaît avant la fin de l’opération.
Le terrain rappelle toujours la même chose : une bonne idée marketing peut coûter cher si elle désorganise le service. Un manager ne pilote pas seulement un concept ; il pilote des flux, une brigade, une livraison et des attentes parfois très élevées. Le lancement doit donc être testé sur une plage calme avant d’être exposé au samedi soir.
Cette exigence vaut aussi pour les restaurants haut de gamme. Les codes de l’événementiel et du storytelling traversent tous les segments, même si les moyens diffèrent. Les professionnels qui suivent les grands rendez-vous, comme le Bocuse d’Or France 2025, voient bien que la démonstration culinaire ne se sépare plus de la mise en récit, de l’image et de l’expérience vécue.
La leçon est nette : une promotion temporaire performe quand l’idée créative respecte les contraintes du poste de travail. Sans cette discipline, le buzz reste du bruit.
De la série télévisée au comptoir : les limites et les enseignements durables de la collaboration
La force d’une licence comme Squid Game est aussi sa limite. Une série télévisée peut générer une attention considérable, mais cette attention est par nature cyclique. Elle explose autour d’une sortie, puis retombe. Burger King a donc eu raison de concentrer l’offre sur trois semaines environ : prolonger trop longtemps une campagne liée à un lancement culturel aurait réduit l’effet d’urgence et compliqué la gestion de gamme.
La période du 17 décembre 2024 au 6 janvier 2025 était clairement une opération achevée, non une offre permanente. Cette distinction compte aujourd’hui. Les recherches autour des menus Squid Game peuvent encore circuler, notamment grâce aux vidéos, aux publications de fans et aux comparatifs d’anciennes collaborations, mais elles ne doivent pas faire croire à une disponibilité actuelle des produits ou des goodies. Une campagne terminée doit être traitée comme une référence de marché, pas comme une carte encore accessible.
Le second enseignement concerne l’équilibre entre mondialisation et goût local. Squid Game est une franchise sud-coréenne devenue mondiale via Netflix. Burger King a fait le choix de traduire cette origine par les profils bulgogi et barbecue coréen. C’est plus intelligent que de plaquer simplement un emballage rose sur un Whopper classique. Le lien culinaire n’est pas une reproduction de la cuisine coréenne traditionnelle, il faut être précis là-dessus, mais il donne une direction crédible à la recette.
Ce qu’un lecteur professionnel peut retenir pour ses propres animations
Une collaboration réussie n’a pas besoin d’être immense. Elle doit répondre à quatre questions : pourquoi maintenant, quel produit concret, quelle preuve visible et quelle capacité réelle de service ? Burger King disposait de Netflix, d’une franchise connue et d’un maillage national. Un établissement indépendant dispose peut-être d’un quartier, d’une communauté sportive, d’un cinéma voisin ou d’un producteur local. Le principe reste le même : choisir une association qui a du sens pour sa clientèle.
Il faut aussi refuser la confusion entre agitation et rentabilité. Une recette virale peut générer des vues sans améliorer le résultat d’exploitation. Avant de lancer une animation, l’exploitant doit suivre le nombre de ventes, le ticket moyen, le taux d’attache boisson-dessert, les pertes matières et le temps de production. Si la recette vend beaucoup mais dégrade trop le débit du service, le bilan est moins flatteur qu’il n’y paraît.
Le travail de marque ne s’oppose pas à l’exigence culinaire. Les établissements portés par de grands noms le démontrent à leur manière, comme le rappelle ce panorama des chefs étoilés de la gastronomie. À chaque niveau de restauration, l’identité doit se retrouver dans l’assiette et dans l’expérience, pas seulement sur l’affiche.
Dans le cas Burger King x Netflix, la valeur du partenariat venait de l’alignement entre l’événement, les deux recettes et les objets dérivés. Le client reconnaissait l’univers avant même d’ouvrir le menu, puis retrouvait une proposition produit cohérente avec l’imaginaire coréen de la série.
La vraie leçon est utilisable partout : une animation commerciale tient quand le récit donne envie, mais surtout quand la cuisine et la salle peuvent l’assumer sans bricolage.
Quels étaient les deux burgers de la collaboration Burger King x Squid Game ?
L’opération proposait le Menu Joueur avec un Whopper Bulgogi et le Menu Garde Rose avec un Korean Chicken Steakhouse accompagné d’une sauce BBQ coréenne.
Quand les menus Squid Game Burger King ont-ils été commercialisés ?
La promotion spéciale a été organisée en France du 17 décembre 2024 au 6 janvier 2025, autour de la sortie de la saison 2 de Squid Game sur Netflix le 26 décembre 2024.
Quels goodies inédits étaient distribués avec les menus ?
La collection comprenait six objets inspirés de l’univers de la série : des chaussettes, des bonnets et des sweats. La distribution reposait sur un principe aléatoire selon les stocks disponibles.
Les burgers Squid Game sont-ils encore disponibles chez Burger King ?
Non. Cette offre relevait d’une édition limitée terminée début janvier 2025. Elle reste un exemple de collaboration entre une enseigne de fast food et une plateforme de streaming.